Secours routier

secours routier

 

Moyens engagés

L'accident de la circulation, ou AVP (accident sur la voie publique) est un chantier qui présente des risques particuliers : risque de collision par un autre véhicule (suraccident), risque d'incendie (électricité de la batterie+essence), blessure des intervenants par les débris (verre, tôle), et ce notamment sur les voies express et autoroutes (vitesses de circulation plus élevées).

Il y a typiquement plusieurs acteurs présents sur le terrain :

pour le balisage et la sécurité de la circulation : la police ou la gendarmerie, ou l'Équipement (DDE) ou la société d'autoroute ;

pour la protection contre l'incendie, la stabilisation du véhicule, l'accès à la victime et son dégagement, les premiers soins dans le véhicule : les sapeurs-pompiers ;

pour la partie purement médicale, dans le véhicule, durant l'extraction et l'évacuation : le Smur (équipe médicale hospitalière) ;

pour le dégagement de la chaussée : les dépanneuses.

La taille du dispositif dépend bien entendu de l'importance de l'accident.

L'engagement minimal pour un accident sur une voie express avec blessés est en général :

un véhicule de secours routier (VSR) avec trois personnes ; il se gare juste avant l'accident (dans le sens de circulation de la voie) ;

un véhicule de secours à personne ( VSAB ou VSAV) avec trois personnes ; il se gare juste après l'accident (dans le sens de circulation de la voie) ;

un véhicule de balisage ; il se gare au moins à 200 m avant l'accident (dans le sens de circulation de la voie).

Il est fréquent d'avoir également :

une Unité mobile hospitalière (UMH) du Smur ;

un engin d'incendie (Fourgon pompe-tonne, FPT), fournissant des hommes (les sapeurs-pompiers affecté au FPT participent au secours à victime) et en prévision d'un départ de feu.

Lorsqu'il n'y a pas de blessé, il n'y a en général qu'un véhicule de balisage et un dépanneuse.

Risques de collision

La première préoccupation est le risque de collision — on se souviendra du drame de Loriol : en novembre 2002, sur l'autoroute A7, malgré le balisage, une voiture percute des sapeurs-pompiers intervenant sur un accident, causant cinq décès. Les sapeurs-pompiers étant souvent là avant les services chargés du balisage, ils mettent en place leur propre balisage.

Le véhicule de balisage est un véhicule léger (VL) ou un utilitaire (camionnette) muni de gyrophares ou feux clignotants orange et d'un panneau lumineux portant un message de type « Accident - ralentissez ». Il met en place des cônes de Lübeck (cônes en plastique orange et blanc) afin d'interdire la circulation sur la ou les voies concernées. Ces cônes sont positionnés en diagonale en partant du bord de la chaussée, puis suivent la ligne de démarcation de la voie concernée.

Le véhicule de secours routier, garé juste avant l'accident, met en place des cônes de Lubeck, et monte le gyromât : un gyrophare bleu fixé sur un mât télescopique, visible de loin. Le gyromât porte par ailleurs des projecteurs de lumière qui permettent d'éclairer le chantier la nuit.

Les intervenant portent tous un gilet haute visibilité (orange ou jaune fluo avec des bandes rétro-réfléchissantes).

Risque de feu

La seconde préoccupation est le risque d'incendie. Le personnel du VSR coupe donc les fils de la batterie, et une personne est chargée de la protection incendie (petite lance du VSR en main, extincteur à proximité). Dans certains modèles de voiture haut de gamme, les batteries ne sont pas sous le capot (mais sous le siège ou dans le coffre), certains modèles disposent de plusieurs batteries, ce qui complique la tâche.

L'équipe met une poudre absorbante sur les flaques d'huile et d'essence, ce qui réduite le risque de feu et de glissade.

Risque de mobilisation

La troisième préoccupation est la stabilisation du véhicule. Le personnel du VSR place des cales sous le châssis, puis coupe les valves (si le véhicule est sur les roues) ; ainsi, le véhicule repose sur les cales, les suspensions ne bougent plus, on supprime un risque d'aggravation des blessures des victimes.

Accès aux victimes

La quatrième préoccupation est l'accès aux victimes.

Un personnel du VSAV, appelé « écureuil », essaie de se faufiler dans le véhicule par les ouvertures accessibles (portes si possible), afin de faire le bilan de la ou les victimes, et d'assurer les premiers soins : arrêt des hémorragies, maintien de la tête et du masque à oxygène, rassurer.

Si nécessaire, les membres du VSR découpent ou écartent la tôle, enlèvent le pare-brise ou la lunette arrière pour permettre l'accès aux victimes.

La présence de dispositif de sécurité passive (coussin gonflable à explosif type Airbag®) complique la tâche et présentent un réel danger pour l'écureuil, d'autant plus qu'ils ont une alimentation indépendante et restent actifs une fois la batterie coupée (seuls les coussins avant sont alimentés par la batterie).

A ce stade, l'équipe médicale du Smur peut commencer la médicalisation (pose de perfusion, intubation...) pendant que se déroule la désincarcération.

Dégagement des victimes

La cinquième préoccupation consiste à dégager la victime, c'est la désincarcération. La déformation de la tôle peut empêcher de sortir la victime (la victime est dite « piégée »), mais elle peut aussi blesser la victime (la victime est dite « incarcérée »), par exemple, le tableau de bord vient comprimer les jambes, le volant comprime la poitrine... Il faut donc en priorité « redonner du volume » à l'habitacle.

Donc, le personnel du VSR coupe et écarte les parties qui gênent, avec des pinces et des écarteurs hydrauliques ou électriques. Si nécessaire, on enlève le toit en coupant les montants (césarisation). Le risque de déclenchement des sécurités passives, ainsi que la possible présence de canalisation GPL sous le châssis, compliquent la tâche.

Une fois la voie libre, on abaisse le dossier (éventuellement en coupant les montants), et l'on glisse un plan dur, c'est-à-dire une planche, en bois sous la victime (planche dite « Ollivier » ou « Berbier-King »). Cette planche permet de conserver la rectitude de la colonne vertébrale (tête-cou-tronc). La victime sur la planche est ensuite hissée par l'arrière et conditionnée pour son évacuation (immobilisation sur un brancard avec un matelas à dépression type matelas coquille®, ou bien immobilisation sur la planche par sanglage et mise en place de cales-tête latéraux).

On peut auparavant poser une sorte corset à lattes (type KED®) qui améliore le maintien de la colonne vertébrale, et permet éventuellement une évacuation sur le côté, sans planche.

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