Suite sujet Infarctus - dossier du mois [01/04/2011]

Que faire en cas de crise ?

Prévenir IMMEDIATEMENT le SAMU au numéro 15 !

A savoir :

L’appel du 15 (SAMU) devant tout soupçon d’infarctus permet au patient de rentrer dans un parcours de soins optimal ; cependant seuls 25 % des infarctus passent par cette filière. Le temps et les gestes sont ce qu'il y a de plus précieux. 1 minute gagnée c’est 10% de chance de survie en plus.


 Le terme infarctus désigne, de façon générale, l'atteinte d’un territoire qui est nourri par l'intermédiaire d'un vaisseau oblitéré par une thrombose (caillot sanguin).

En cardiologie le terme infarctus du myocarde désigne la destruction du myocarde (muscle cardiaque) suite à l'oblitération par une thrombose (formation d'un caillot dans une artère coronaire permettant habituellement l'irrigation du myocarde dans des conditions normales).

 

Cette affection touche environ 130 à 145 000 personnes par an en France, et plus 2 millions et demi aux Etats-Unis. L'infarctus du myocarde atteint le plus souvent les hommes que les femmes et généralement avant 60 ans.

 

La nécrose (mort) secondaire à l'absence d'oxygénaton des cellules composant le myocarde aboutit à la libération d'enzymes dans le sang qui à leur tour détruisent les tissus proche de la lésion.
Les questions : 

En quoi les femmes sont-elles spécifiquement concernées par l'infarctus du myocarde ?

Les femmes sont sourdes à nos recommandations ! Elles s’imaginent protégées des maladies cardiovasculaires alors qu’elles ignorent les règles hygiéno-diététiques les plus élémentaires : leur tabagisme a ainsi atteint 22%. Leurs facteurs de risque sont maintenant identiques à ceux des hommes, pilule de surcroît, et le poids protecteur de leurs hormones naturelles devient insuffisant… Les maladies coronariennes restent chez elles la première cause de mortalité (à la différence des hommes, davantage “décimés“ aujourd’hui par les cancers ). Par ailleurs, elles sont moins bien prises en charge, pour plusieurs raisons : leurs douleurs sont moins typiques, ce qui peut égarer et retarder le diagnostic ; les examens diagnostiques complémentaires sont plus difficilement interprétables avec des anomalies fréquentes de l’ECG de repos, une épreuve d’effort moins sensible. Le jour venu de l’accident cardiaque, elles sont hospitalisées en moyenne une heure après les hommes, avec des scores de risque pourtant plus élevés ; elles sont alors traitées moins “agressivement“, avec moins de coronarographies et de dilatations. 
Les femmes devraient être au cœur des campagnes de prévention en raison de leurs facteurs de risque et de leur rôle de médiatrices, de “porteuses d’habitudes“ : ce sont elles qui donnent l’exemple en famille.
Quel bilan peut-on faire de la prise en charge de l’infarctus du myocarde en urgence, en France et aujourd’hui ?

Quand nos patients empruntent la bonne filière, ils bénéficient des meilleurs soins ; c’est le rôle du SAMU-Centre 15 que de les orienter. La moitié toutefois est encore “hors circuit”, pour des raisons diverses qui tiennent à leur méconnaissance du système par exemple ou à la maladie elle-même, certaines de ses formes pouvant être atypiques, peu évocatrices : la douleur transfixiante si spécifique manque souvent, la douleur est alors moins forte, les signes d’accompagnement prédominent… et ils peuvent perturber le patient. 
Outre cet enjeu essentiel de la précocité de la prise en charge, il nous faut travailler sur les traitements associés qui permettent de préparer la désobstruction, de la rendre plus sûre. Et identifier des marqueurs précoces, indicateurs de risque, dans les mois précédant l’infarctus qui inciteraient le patient à être plus réactif le jour où survient la crise aiguë… Enfin, un élément clé de l’évolution des pratiques est certainement l’analyse des données de nos registres pour évaluer la prise en charge, revenir sur les cas mal orientés ou gérés de façon non optimale, et ainsi progresser ensemble. 

La parole au Pr Dominique Pateron, chef de service des Urgences médicales à l’Hôpital Saint-Antoine (Paris), Président de la SFMU (Société Française de Médecine d’Urgence) 

La France est un modèle, exportable, pour la prise en charge préhospitalière médicalisée de l’infarctus. Elle illustre parfaitement la mise en application des recommandations européennes les plus récentes. 
Des recommandations nationales (SFC et SFMU), des registres partagés, de grandes études internationales menées conjointement témoignent de cette coopération entre les médecins urgentistes et les cardiologues à l’échelle du pays, mais aussi de la région, “territoire de santé“ où l’on opère au sein des réseaux (de prise en charge de l’urgence coronaire) constitués autour des centres d’angioplastie. 
L’objectif commun est de reperfuser au plus vite par thrombolyse préhospitalière associée à une angiographie ou directement par angioplastie. En amont, nous devons insister auprès du patient sur l’importance de l’appel initial et immédiat au SAMU-Centre 15 en cas de douleur thoracique, garant de la bonne “entrée“ dans cette filière.
Le caractère récidivant de l’infarctus du myocarde est-il bien assimilé en France ?

La parole au Pr Beaune, Président de la FFC (Fédération Française de Cardiologie) 

Peuvent mieux faire ! Les Français ont à l’évidence un gros travail de prévention à accomplir… Primaire et secondaire. Ainsi, la moitié des hypertendus seulement reçoit un traitement et la moitié d’entre eux est contrôlée. L’obésité androïde, le diabète, la sédentarité et le tabagisme gagnent encore du terrain. Il est donc urgent de changer de style de vie, pour la population entière, indemne ou non d’infarctus : c’est à la fois le moyen le plus efficace (bien plus que n’importe quelle molécule de synthèse) et le plus économique de réduire la morbimortalité cardiovasculaire. En prévention secondaire, les chiffres sont particulièrement éloquents… Un patient ayant eu un infarctus du myocarde qui reste sédentaire, continue à fumer et à manger n’importe quoi présente un risque multiplié par 3,8 de récidiver dans les six mois(3)

La parole au Dr Michel Hanssen, Président du CNCHG (Collège National des Cardiologues des Hôpitaux Généraux), chef du Pôle Cardio-Neuro-Vasculaire au Centre Hospitalier de Haguenau 

À âge constant, la mortalité cardiovasculaire a été divisée par plus de 2 ces 24 dernières années(2). Cette réduction est pour moitié liée aux progrès de la prise en charge pré et intra-hospitalière et pour l’autre moitié au traitement des facteurs de risque, cholestérol élevé et hypertension artérielle surtout. 
C’est sur ce second axe de la lutte contre les facteurs de risque, dont les résultats sont aujourd’hui décevants, en particulier pour le tabagisme, le diabète ou le surpoids, que nous devons concentrer nos efforts de pédagogie. Cette éducation peut être relayée à l’aide de structures dédiées aux patients coronariens, pérennes, qui comportent du temps médecin, infirmière, psychologue et diététicien. Ainsi dans ces structures, on y apprend comment naît la maladie, les modalités du geste opératoire, le suivi, l’intérêt de l’observance pour éloigner le spectre d’un nouvel infarctus, au pronostic plus aléatoire…

(source : infarctus.org)

 

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