Interview du président FNSPF

Dans le contexte du cheminement législatif de la proposition de loi sur le volontariat, le colonel Richard Vignon, président de la FNSPF, fait le point sur les cinq grands chantiers en cours.

 

1 - « Ambition volontariat »

Ouvert il y a deux ans, ce chantier commence à porter ses fruits. L’enjeu est de taille. Il s’agit d’apporter, pour la gestion du volontariat, souplesse et reconnaissance. Cela impacte le management, la formation, la reconnaissance sociale et institutionnelle.
Des premières mesures ont vu le jour, d’autres sont en cours d’élaboration. La principale, l’adoption de la proposition de loi de Pierre Morel-À-l’Huissier sur le volontariat, est lancée. Cette proposition comprend des innovations majeures : la qualification juridique du sapeur-pompier volontaire, la protection pénale de tous les sapeurs-pompiers, la reconnaissance de notre réseau associatif, sans oublier des améliorations sensibles à la protection sociale du volontaire, et une mesure de justice pour la retraite de nos anciens. Le processus législatif est long, parfois technique. Au fil des mois et des nombreux contacts et échanges que j’ai pu avoir – le président de la République, le ministre de l’Intérieur, les parlementaires, l’Assemblée des départements de France, le Conseil d’État – j’ai pu constater que tous étaient d’accord sur ce texte. Tout est donc réuni pour qu’il soit rapidement adopté et promulgué pour notre prochain Congrès national.

 

2 - Le Référentiel Sdis - Samu sur le secours à personnes

Cette réforme, décidée au plus haut niveau de l’État, est porteuse, partout où elle est appliquée, d’amélioration des relations entre les « blancs » et les « rouges » et d’une meilleure efficacité du service public fourni aux victimes : les élus, les préfets, les médias ne sont plus guère saisis de doléances concernant les délais d’intervention des secours ! Et pourtant, cette réforme n’est pour l’heure appliquée que dans une petite moitié de départements, où la signature des conventions Sdis - Samu est effective. Cela est fort regrettable et démontre, une fois de plus, le déficit de dialogue sur le terrain avec nos partenaires de la santé. C’est pourquoi je plaide pour l’instauration d’un dialogue constructif entre les Agences régionales de santé (ARS) et les Sdis. Les ARS doivent inviter les Sdis à participer à toutes les réunions où sont évoqués : la réorganisation de la permanence des soins, l’accueil dans les services d’urgence, la régionalisation des centres 15, etc. ; en un mot, tout ce qui touche les Sdis et les sapeurs-pompiers ! Ces derniers doivent, par conséquent, être traités en partenaires, et non en variables d’ajustement ! Aussi, je me réjouis de la décision du ministre de la Santé d’organiser prochainement une rencontre sur ce thème entre représentants des Agences régionales de santé, des urgentistes et des Sdis.

 

3 - L’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers

Je suis très heureux que le président de la République ait rétabli, à notre demande, la subvention de l’État à l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (Ensosp), car il est indispensable que l’État reste le premier garant de la formation des officiers de sapeurs-pompiers, en cohérence avec le rôle de tutelle opérationnelle de son représentant. Quant à la formation à l’école, elle doit absolument évoluer. Elle est trop centrée sur la seule technique et n’intègre pas suffisamment la dimension humaine, notamment celle du volontariat qui constitue, je le rappelle, 80% de nos effectifs. Être officier, c’est avant tout être un meneur d’hommes, c’est donc commander et savoir manager. Et la matière humaine est complexe. La dimension humaine doit donc être la première et permanente préoccupation de l’enseignement de l’école. L’école est destinée à former nos chefs. Elle doit le faire à la manière particulièrement humaniste, dont le maréchal Lyautey envisageait le « Rôle social de l’officier » dans un écrit qui demeure l’une des meilleures références en la matière*.

 

4 - La filière des sapeurs-pompiers professionnels

Grande satisfaction aussi quant au travail en commun, effectué avec les syndicats – SNSPP, FO, UNSA et Avenir-Secours – pour une meilleure cohérence du déroulé de carrière des sapeurs-pompiers professionnels. Ce travail a concilié réalisme et sens des responsabilités, tout en tenant compte des difficultés actuelles des finances publiques. Le déroulé de la carrière des sapeurs-pompiers doit prendre en considération les contraintes spécifiques de nos missions qui sont, c’est une évidence, très différentes de celles du reste de la fonction publique. Si ces missions doivent demeurer ancrées, et c’est un principe intangible, dans la fonction publique territoriale, leur spécificité, je dirais même, leur singularité, justifie des adaptations statutaires prenant en compte ces réalités du terrain. De surcroît, je salue l’exemplarité de ce travail dans sa recherche de complémentarité entre sapeurs-pompiers professionnels et sapeurs-pompiers volontaires.

 

5 - La Direction générale de la sécurité civile

En inaugurant l’Ensosp, en mars dernier**, le président de la République a diffusé le message fort que nous attendions depuis longtemps. La gestion des crises et la protection des populations relèvent d’une politique majeure de l’État. Pour signifier son importance, celle-ci ne doit plus être mise en oeuvre par une simple direction centrale, mais désormais par une grande direction générale. Sur un plan concret, je rappelle l’enjeu : ceux qui préparent les plans, doivent être les mêmes que ceux qui gèrent la crise sur le terrain. Je souhaite ardemment que l’instauration de cette direction générale permette de clarifier l’organisation de la sécurité civile dans notre pays et nous donne les moyens de gérer efficacement les crises.
En France, les sapeurs-pompiers demeurent la principale force d’action de la sécurité civile. À ce titre, ils méritent d’y occuper une place à la hauteur de leur participation. Les officiers sapeurs-pompiers doivent pouvoir y assumer les plus hautes responsabilités, ce qui – bien sûr – nécessite une vraie réforme de l’encadrement supérieur.

Propos recueillis par Sapeurs-pompiers de France

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