Pompiers ou "Casques rouges": avec Haïti, la réactivité humanitaire en débat

  • Par pompiers-18
  • Le mercredi 07 avril 2010
  • Commentaires (0)

PARIS (AFP) - Pompiers ou "Casques rouges": avec Haïti, la réactivité humanitaire en débat

Des "pompiers" de l'ONU ou de l'UE seront-ils déployés sur le terrain lors de prochaines catastrophes naturelles? C'est une des pistes relancées depuis le séisme en Haïti qui a entraîné une prise de conscience sur la nécessité de mieux coordonner l'aide internationale.

Après le tremblement de terre du 12 janvier, la mobilisation a été rapide et l'aide est arrivée en masse. Pourtant la population a attendu des semaines avant de la voir venir, courant dans le chaos après vivres, abris et soins. "Les problèmes de coordination ont été terribles", a répété le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive.

A l'ONU, à l'Union européenne, dans les ONG et les chancelleries, on reconnaît qu'il y a eu un "déficit de planification" pour reprendre les termes de l'ambassadeur de France en Haïti Didier Le Bret. On réfléchit depuis aux pistes pour ne plus être ainsi débordé ou paralysé.

"Haïti a entraîné une prise de conscience (...) sur la nécessité de mieux coordonner les actions de toutes les organisations", résume à Paris une source diplomatique.

Pour certains, cela passe par la création de "pompiers" internationaux.

A la conférence des bailleurs de fonds à l'ONU, le président haïtien René Préval a plaidé mercredi pour la création de "Casques rouges", force internationale humanitaire de coordination et de réaction rapide placée sous l'égide des Nations unies.

L'idée est de créer un état-major renforcé et une force d'appoint prépositionnée et projetable en quelques heures, spécifiquement dédiés aux catastrophes naturelles, "avec la légitimité née d'une résolution de l'ONU", a expliqué à l'AFP l'ex-ministre française Nicole Guedj à l'origine du projet qu'elle a présenté au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

De son côté, Bruxelles souhaite relancer l'idée d'une force d'intervention qui passera "par une structure centralisée pour une réaction rapide de l'UE, en pleine coordination avec les Etats", avait annoncé fin janvier la porte-parole du président de la Commission européenne.

Le projet d'une "force européenne de protection civile" a été avancé plusieurs fois mais sans résultat du fait des réticences de certains Etats. L'idée était née après le tsunami de décembre 2004 où chaque pays avait réagi de son côté conduisant à un manque d'impact.

Dans la crise haïtienne, l'ONU admet des "flottements". Un mois après le séisme, le responsable des affaires humanitaires John Holmes a, dans un mail sévère à ses collaborateurs, évoqué un "manque de capacité opérationnelle" qui "commence à faire douter les autres de notre aptitude à distribuer" l'aide.

Mais, répète le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), les outils (équipes d'évaluation et de coordination lors des catastrophes - UNDAC) et le savoir-faire existent.

Ce qu'il faut, c'est "une mobilisation plus importante des ressources -hommes, moyens, argent-, ce qui dépend des Etats", selon la porte-parole d'Ocha Elisabeth Byrs. "A Haïti, on aurait peut-être pu faire mieux avec plus de moyens mobilisables immédiatement".

Pour le président de la Fondation Médecins sans frontières Jean-Hervé Bradol, le problème de fond réside dans "l'inadéquation structurelle du système d'aide actuel dominé par l'expérience de guerre" qui a du mal à répondre aux catastrophes naturelles.

A MSF, comme à Médecins du Monde, la clé passe par le renforcement des institutions des pays à risque.

L'expérience montre que l'aide a été rapide et efficace dans les Etats forts, avec des systèmes de protection civile ou militaires performants, des leaders et une société structurés, rappellent les acteurs humanitaires.

"Si l'ossature nationale est trop fragile, aucun pompier venu de l'extérieur ne servira à rien", affirme M. Bradol. "Ce sont les capacités nationales de secours qu'il faut renforcer. Mais qui va payer?"

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire
 
↑ Haut de page ↑

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

SITE ACTUELLEMENT EN COURS DE REFONTE,

IL EST POSSIBLE QUE VOUS PUSSIEZ RENCONTRER DES DIFFICULTEES LORS DE VOTRE NAVIGUATION SUR LE SITE

Merci de votre compréhension