Nouveaux matériaux de construction: danger accru pour les pompiers

  • Par pompiers-18
  • Le jeudi 01 juillet 2010
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Les nouveaux matériaux de construction, doubles ou triples vitrages, panneaux sandwich isolants, panneaux solaires photovoltaïques, compliquent souvent le travail des secours et le rendent plus dangereux en cas d’incendie, avertissent les pompiers de Paris dans un entretien à l’AFP.

« L’exemple le plus simple est celui des doubles et triples vitrages. Autrefois quand il y avait un incendie dans une maison, les vitres cassaient, les gaz chauds et les fumées s’évacuaient, comme par la soupape d’un auto-cuiseur. La vue de la fumée permettait une alerte rapide », explique le capitaine François-Marie Brochard.

« Aujourd’hui avec les vitrages multiples, les nouveaux matériaux utilisés pour le mobilier, les ordinateurs, les disques etc … dégagent des gaz toxiques qui s’accumulent sans pouvoir s’échapper. Lorsque les pompiers prévenus tardivement vont ouvrir la porte d’un lieu saturé de fumées, cela cause une arrivée d’air qui risque de provoquer un dangereux embrasement général éclair des fumées (flash-over) », ajoute-t-il.

Pour lutter contre cela, il faut un très fort débit d’eau à l’ouverture de la porte, précise-t-il. Désormais, l’isolation par l’extérieur se fait souvent à l’aide de matériaux comme des mousses, laines de verre ou de roche, polyester, parfois mélangés et maintenus par des bardages en bois. « Avec le mélange de ces matériaux, dont la tenue au feu est mal connue, on assiste à une nouveauté: des feux de façades sur bâtiments rénovés. Cela nous pose problème quand cela touche les cours intérieures difficiles d’accès, comme cela s’est produit récemment dans le treizième arrondissement à Paris », explique le commandant David Baty, du bureau opérationnel des pompiers de Paris.

Un projet d’école primaire à la consommation énergétique réduite à Issy-les-Moulineaux (92), avec un bâtiment construit en paille et en béton, a passé avec succès les tests de résistance au feu, mais suscite quand même un peu d’inquiétude des pompiers.

Les panneaux solaires photovoltaïques: « On ignore si l’on peut appuyer une échelle dessus et leur résistance au feu et ils présentent un risque d’électrocution », explique M. Baty. « La première chose que fait un pompier en intervention est de couper le courant, mais on ne peut pas couper le soleil, il faut donc éviter d’être en contact avec les câbles électriques car cela peut tuer un pompier comme nous l’avons vu récemment en Allemagne », ajoute M. Baty.

Si des innovations architecturales compliquent le travail des secours, d’autres simplifient la vie: « La récupération de l’eau de pluie et son stockage sur place nous aident », explique le capitaine Brochard. L’intervention des pompiers dans les projets a parfois lieu très en amont. Ils travaillent ainsi depuis plus d’un an sur le projet de construction de deux gratte-ciel de 320 m dans le quartier de la Défense, annoncé le 19 juin par le fonds russe Hermitage.

« La France dispose depuis 1977 d’une législation contraignante sur les tours qui a prouvé son efficacité puisqu’il n’y a eu aucun mort depuis cette date dans les immeubles de grande hauteur », affirme le colonel Florent Hivert qui précise que le label « norme française » est reconnu comme une marque de qualité à l’étranger. « On ne peut pas construire de tour en France à plus de 3 km d’une caserne de pompiers, mais dans une zone très embouteillée, les problèmes de circulation des véhicules de secours font l’objet d’une étude très poussée », ajoute-t-il.

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