Les représentants de l'Etat exposés

  • Par pompiers-18
  • Le samedi 27 novembre 2010
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  En 2009, 1 080 pompiers ont été agressés, les inspecteurs du travail ont relevé des incidents lors de 5% de leurs interventions en entreprises tandis qu'en milieu hospitalier 4 035 « atteintes aux personnes » ont été comptabilisées, un chiffre en hausse.
 « Dans les cinq dernières années, il y a eu une banalisation de la violence. D'abord verbale. A l'accueil des urgences, les gens vous insultent, vous êtes rapidement un enculé, un salaud », raconte Patrick Pelloux, de l'association des médecins urgentistes de France (AMUF). « Et depuis deux ou trois ans, on voit des armes, couteaux, flingues... Les personnels sont terrorisés ».
 « Les incivilités sont quasiment quotidiennes », raconte Abdel, 38 ans, conducteur de bus en Seine-Saint-Denis, qui a exercé son droit de retrait avec ses collègues des Courriers d'Ile-de-France (CIF) après l'agression d'un collègue vendredi.
 Cette réalité connaît des disparités géographiques, les pompiers de Haute-Garonne notant par exemple une « diminution des incivilités » en 2010. Mais dans d'autres endroits, « c'est une catastrophe », assure Jocelyne Baruchian, une kinésithérapeute de l'association des professionnels de santé de Stains (Seine-Saint-Denis).
 « Des gens chargés d'hospitalisations à domicile ou de soins le soir ne se déplacent même plus dans certains quartiers. Trop dangereux », selon elle.

« La situation sociale »

      Cet été, les personnels soignants de cette zone ont été victimes d'une vague d'agressions, comme l'attaque à coups de crosse sur la tête d'un infirmier à Stains pour lui voler sa voiture à la sortie d'une visite à domicile ou le braquage d'un cabinet de kinésithérapie par des mineurs armés à Pierrefitte (Seine-Saint-Denis).
 Le 12 novembre, lors d'une intervention dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble, les pompiers ont essuyé des coups de feu et l'un d'entre eux a été blessé par balle. « On ne veut pas travailler avec des boucliers ou des gilets pare-balles ! », s'offusque Thierry Lenfant, délégué CGT.
 L'aura de « soldats du feu » ne protège plus. Au même titre que les policiers, les pompiers ont été la cible de jets de pierres à Nanterre, lors des violences en marge de la protestation sur les retraites, en octobre.
 Face à cette évolution, explique-t-il, les pompiers doivent élaborer des « procédures de repli », prendre des mesures renforcées en « zone urbaine sensible », « afficher du nombre », poursuit M. Lenfant.
 Pour lui, « la dégradation de la situation sociale (...) a des conséquences sur (la) manière de travailler » des représentants des services publics.
 « On avait connu une première vague d'agressions en novembre 2009 », se souvient Jocelyne Baruchian. « Mais c'était vraiment différent de cet été. On s'est rendu compte d'une véritable évolution, avec des agresseurs souvent mineurs, de plus en plus violents et désormais armés ».
 « Les services d'urgence », analyse Patrick Pelloux, « sont un thermomètre de la situation du pays. Tout cela veut dire que le moral du pays est au plus bas, que les gens se sentent délaissés ».

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