Les pompiers volontaires en guerre contre une directive européenne

  • Par pompiers-18
  • Le jeudi 23 septembre 2010
  • Commentaires (1)

"Si le sapeur-pompier volontaire est assimilé à un travailleur, c'est la fin du volontariat", explique le président de la fédération nationale, le colonel Richard Vignon. "Imaginons un salarié qui a fini sa journée vendredi à 17H00, il devrait bénéficier d'un repos de sécurité de 11 heures, il ne pourra donc pas être d'alerte dans la nuit de vendredi à samedi, comment le remplace-t-on' On ne peut pas aligner le temps de travail d'un pompier sur celui d'un autre salarié", estime-t-il.

"Jusqu'à présent le pompier volontaire reçoit une indemnité. Si l'Europe demande de verser un salaire, il faudra payer des charges, la CSG, ce sera la fin de tout, c'est pourquoi nous voulons que soit écrit noir sur blanc ce qu'est le volontariat: l'engagement librement consenti par un citoyen se mettant au service de la communauté", ajoute-t-il.

Aimés par la population, notamment pour leur rôle pendant les catastrophes, les 197.000 pompiers volontaires s'estiment souvent mal considérés par certains élus jugeant qu'ils coûtent trop cher aux collectivités locales. Ils se sentent aussi négligés par le gouvernement actuel, "qui voudrait nous limiter à un rôle secondaire, de chair à canon", estime M. Vignon.

Jusqu'à présent, les états-majors des six zones de défense (placées sous l'autorité du préfet) étaient commandées par des officiers de sapeurs-pompiers, mais le ministère de tutelle, l'Intérieur, a voulu remplacer trois de ces officiers par des policiers ou des gendarmes. Ces six zones de défense sont basées à Marseille, Metz, Rennes, Lyon, Bordeaux, Lille et ont pour rôle de préparer et planifier la gestion des crises de la zone (feux de forêt, inondation, tempête...). Dans la capitale, les pompiers de Paris, corps uniquement composé de professionnels, sont dirigée par le général Joël Prieur, et c'est un autre pompier, le général Serge Garrigues, qui dirige l'état-major de la zone.

"Pour nous, c'est totalement inacceptable, 99% des crises sont des crises qui relèvent de la sécurité civile, nous avons obtenu du ministre un moratoire concernant cette décision" de nommer des policiers ou des gendarmes, explique M. Vignon.

"Quelle est la crédibilité d'un gendarme à un poste de sécurité civile' Nous refusons la logique du tout-sécuritaire qui veut mettre des policiers et gendarmes partout dans les missions de sécurité civile. Pas question que ces corps soient la France d'en haut et nous la France d'en bas, la chair à canon", ajoute-t-il.

Le congrès débattra aussi de la formation des sapeurs, de l'ordre de 240 heures, qui est jugée trop lourde. "Il faut prendre en compte les compétences, ne pas imposer à un chauffeur routier une formation pour conduire un fourgon, on n'a pas besoin que tout le monde apprenne à monter à la grande échelle, et à la campagne ce n'est pas la peine d'apprendre à dépanner les ascenseurs", explique le patron des pompiers.

Enfin, pour la montagne, les congressistes évoqueront la volonté prêtée aux gendarmes secouristes spécialisés d'écarter systématiquement les pompiers lors des secours aux victimes d'avalanches.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (1)

1. pompier (site web) jeudi 30 septembre 2010

Je ne vois pas pourquoi certains ne sont pas d'accords, Bruxelles a imposé la même chose aux médecins : repos sécuritaire après une garde et c'est une très bonne chose car un médecin fatigué peut faire une erreur, s'il faisait cette erreur sur vous-même ou votre famille, vous seriez les premiers à hurler! Un pompier volontaire est avant tout un être humain qui a besoin de repos, les pompiers pro ou volontaires ont l'habitude de s'adapter aux situations d'urgence; je ne doute pas une seconde de leurs pouvoirs d'adaptation; je préfère un secouriste reposé à un secouriste fatigué car comme pour les médecins du SAMU, ils n'ont pas droit à l'erreur même si l'erreur est humaine. Ils exercent une activité professionnelle, avec la fatigue un accident sur le trajet domicile-emploi peut arriver et là c'est l'employeur qui est responsable, on ne peut sauver des vies d'un côté et en mettre en danger de l'autre, il faut être cohérent! Par contre, rien ne les empêche de recruter, Bruxelles ne l'interdit pas, et s'ils ont des difficultés, peut-être que le statut de pompier volontaire n'est pas si enviable que cela, aucunes cotisation sociale, pas d'impôts et donc pas de droits à la CPAM, ASSEDICS etc... Pas de crédits à la consommation non plus. Voir aussi, le calcul de la retraite et de la retraite complémentaire, sans parler du risque sur les interventions, l'épouse, la petite-copine ou la compagne ont-elles droit à quelque chose? Et les enfants?

Ajouter un commentaire
 
↑ Haut de page ↑

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

SITE ACTUELLEMENT EN COURS DE REFONTE,

IL EST POSSIBLE QUE VOUS PUSSIEZ RENCONTRER DES DIFFICULTEES LORS DE VOTRE NAVIGUATION SUR LE SITE

Merci de votre compréhension