Le problème du financement au coeur du congrès des pompiers

  • Par pompiers-18
  • Le samedi 25 septembre 2010
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Les pompiers français sont de plus en plus sollicités, au moment où les conseils généraux qui assurent 56% de leur financement (44% par les communes) traversent la plus grave crise de leur histoire, ont-ils exposé vendredi à Angoulême lors de leur 117e congrès.

« Nous traversons une période difficile car la population la plus exposée, la plus défavorisée, soumise à une augmentation de la précarité est amenée à solliciter de plus en plus les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) », a expliqué le président de la fédération nationale des sapeurs pompiers de France (FNSPF), le colonel Richard Vignon.

« Nous avons réalisé 4,5 millions d’interventions en 2009, une augmentation de 6% en un an, mais malgré cela, le rythme d’évolution des budgets des SDIS est maîtrisé » a estimé M. Vignon.

Pour les pompiers de Paris, l’augmentation est de 8% et ils frôlent les 500.000 interventions annuelles.

1/3 des appels pas justifiés

Alors qu’autrefois les médecins généralistes assuraient une partie des secours, ils ne se déplacent plus beaucoup et la population a tendance à faire appel aux pompiers, même pour des bobos. Certains sapeurs ont estimé au cours des forums que jusqu’à un tiers des appels n’étaient pas justifiés.

M. Vignon s’est aussi inquiété de la fermeture des centres de première intervention, qui sont passés de 5.600 en 2001 à 4.000 aujourd’hui pour réaliser des économies. « Il faut stopper cette spirale de toute urgence, car l’affaiblissement du maillage territorial apparaît bien dans la durée comme la première cause d’effritement du volontariat », a t-il souligné.

Le président de l’assemblée des départements de France, le socialiste Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes d’Armor, lui a répondu en réaffirmant son attachement au système du volontariat « qui est un acte républicain », mais aussi pour des raisons financières.

Budget des SDIS passerait de 4 à 7 milliards s’il n’y avait que des pro

« Si les pompiers devenaient tous professionnels, le budget des SDIS français passerait de 4 à 7 milliards » a-t-il dit.

Citant les propos du rapporteur UMP du budget, Gilles Carrez: « La crise générale des finances publiques pourrait bien avoir pour traduction concrète une incapacité financière des départements de faire face à leur obligations légales financières, bien avant l’Etat », M. Lebreton a estimé qu’actuellement 26 départements connaissaient de graves difficultés financières, car l’Etat fait assumer aux départements des charges financières nouvelles, notamment d’aide au handicap, à la dépendance, sans compensation financière.

Il faut que chacun assume ses charges a ajouté l’élu. « Lorsqu’une personne fait un malaise dans la rue, les pompiers interviennent, c’est normal, mais lorsque le malaise se produit au domicile de la personne, c’est au Samu, au Smur d’intervenir, et s’il n’y a que les pompiers de disponibles, il faut que la Sécurité sociale rembourse l’intervention, ce n’est pas au département de payer », a déclaré M. Lebreton.

« Il faut instaurer une bonne gouvernance entre l’hôpital, les ambulanciers privés et les SDIS » a-t-il dit.

A propos de la directive européenne assimilant l’activité des pompiers à un travail, « une application stricte de ce texte (qui limite notamment le temps de travail) mettrait en péril l’organisation historique de la sécurité civile en France ». « Cette directive n’est pas encore adoptée, nos parlementaires se battent, il faut prendre cette menace au sérieux » a-t-il dit.

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