Face à la grève des éboueurs à Marseille, le préfet envoie les militaires

  • Par pompiers-18
  • Le samedi 23 octobre 2010
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Face aux ordures qui s'entassent à Marseille pour cause de grève des éboueurs du public, le préfet a choisi mercredi de réquisitionner les hommes de la Sécurité civile, une première qui a hérissé les syndicats et reçu un accueil mitigé parmi la population.

"Je vous annonce qu'à partir de cet après-midi (mercredi), nous nous attaquons à l'amoncellement d'ordures", avec 150 personnels de la Sécurité civile de Brignoles (Var), a annoncé le préfet des Bouches-du-Rhône Michel Sappin au cours d'une conférence de presse.

Peu après 15H00, des militaires en combinaison blanche, masques et gants de protection, sont entrés en action dans les rues commerçantes du centre, sous les regards curieux des passants, nombreux à sortir l'appareil photo pour immortaliser le moment.

Leur mission: déblayer en 48 heures les détritus en tous genres empilés sur le sol (7.000 à 8.000 tonnes, selon la préfecture) depuis le lancement du mouvement le 12 octobre, à l'appel de Force Ouvrière, pour protester contre la réforme des retraites.

"L'armée française" est appelée à la rescousse, s'exclame l'un d'entre eux, tandis qu'une jeune femme ironise en voyant les cartons se déverser sur les trottoirs: "les pauvres, il ne sont pas habitués!"

Si les commerçants se montrent dans l'ensemble soulagés, comme Mohammed Marcello, propriétaire d'un magasin de vêtements pour qui la grève "salit l'image" de la ville, d'autres ne cachent pas leur hostilité.

"Envoyer l'armée pour nettoyer la merde du gouvernement, c'est aberrant", s'insurge Daniel Belani. "C'est une façon de casser le mouvement", renchérit un autre habitant, Albert Oliveri.

"Il ne s'agit nullement d'être des briseurs de grève", assure pourtant M. Sappin qui invoque des "risques d'hygiène et de sécurité". "Je considère aujourd'hui que la situation est intolérable" et "qu'il y a un véritable danger pour la population", a-t-il dit.

Il s'agit d'"éviter les épidémies" et un éventuel drame lié aux feux de poubelles, les pompiers ayant recensé plus de 120 interventions en une semaine.

Pour justifier cette "décision exceptionnelle et atypique", M. Sappin a souligné que Marseille était "la seule ville à avoir une situation comme celle-là dans toute la France".

La Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), qui avait eu recours en début de semaine à un tractopelle pour nettoyer un quartier du centre, n'a pas souhaité prendre position.

"Cette décision appartient au préfet, la Communauté urbaine n'a pas été force d'impulsion dans cette démarche, il s'agit d'une opération de nettoiement et elle n'est pas faite pour s'attaquer aux piquets de grève", a commenté le président de MPM Eugène Caselli.

Pour les syndicats, cette opération, qui concerne les 12 arrondissements (sur 16) où la collecte des déchets est assurée par le public, est tout simplement "inadmissible" et "antidémocratique", a réagi Roger Aymard, de l'intersyndicale.

"Il y a eu d'autres conflits" à Marseille, familière des grèves d'éboueurs (une vingtaine recensée en trente ans), mais "on n'a jamais envoyé les camions de l'armée", a-t-il dit.

"On appelle ça briser la grève. C'est un élément qui ne peut que radicaliser le mouvement", a prévenu Gérard Dossetto, le patron départemental de FO.

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